Henri Laborit

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Henri Laborit

Message par avec-amour-et-paix le Ven 15 Fév - 21:55

Henri Laborit


Henri Laborit, né à Hanoï alors en Indochine le 21 novembre 1914 et décédé le 18 mai 1995, est un biologiste, un philosophe du comportement animal et surtout du comportement humain.
Henri Laborit a dirigé la Revue d'agressologie de 1958 à 1983.
Il se montra toute sa vie esprit curieux et par ailleurs anticonformiste (défense inattendue de la revue Planète contre les attaques de l'Union rationaliste dans les années 1960, rappel discret des massacres de Vendée dans « Mon oncle d'Amérique » en 1980, participation au comité de direction de l'Institut de Sémantique générale de Lakeville). On ne le vit pas néanmoins se laisser étiqueter sous quelque mouvement que ce soit.
En 1969, les étudiants en urbanisme de l'Université de Vincennes, qui est en train de se créer, l'invitent à animer une unité de valeur biologie et urbanisme (jusqu'en 1974)
C'est avec son livre La Nouvelle grille (1974) qu'il fit connaître ses idées sur la biologie comportementale au grand public dans le contexte favorable post-68.
Ses travaux sur le conditionnement sont à la base du film Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais en 1980. Il fait montre de l'expérience scientifique sur des rats qui l'a amené à développer le concept d'Inhibition de l'action (titre de l'un de ses livres voir plus bas) et qui explique dans quelles conditions de stress des rats isolés somatisent (ulcères).
On doit à Laborit l'introduction (1952) de la chlorpromazine (le premier neuroleptique, dont le nom commercial est Largactil) dans le traitement de la schizophrénie. Avant, il avait introduit l'hibernation artificielle (1951).
Il a donné sa vraie importance à la névroglie ou ensemble de cellules gliales, et aux radicaux libres, bien avant leur irruption dans la presse-radio-TV et même dans la presse scientifique. Il a également été le premier à synthétiser le GHB au début des années 1960.
Récompensé par le Prix Albert Lasker pour la recherche médicale en 1957, médaillé de l'O.M.S en 1972, il reçut le prix Anokhin (URSS) en 1981. Il n'a pas eu le prix Nobel (il était nominé) (D'après Pierre HUGUENARD, Professeur émérite à la Faculté de Médecine de l'Université de Paris XII (Sic)" à cause de l'hostilité du microcosme médical civil Français,et plus précisément parisien " ) parce qu'il ne faisait pas partie de l'élite scientifique : il n'était pas membre d'un grand Institut ni d'un grand Centre de recherche.[réf. nécessaire]
Un hôpital de Poitiers porte son nom. Il est le grand-père de l'actrice Emmanuelle Laborit.



citation

Confronté à une épreuve, l'homme ne dispose que de trois choix : 1) combattre ; 2) ne rien faire ; 3) fuir.

«Le bonheur ou le malheur, à partir du moment où l’on possède de quoi se nourrir, se couvrir, se loger, on les porte en soi.»
[ Henri Laborit ] - Copernic n’y a pas changé grand-chose

Il est bon de noter combien la charge affective des mots : bien-être, joie, plaisir est différente. Le bien-être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect.


Dire que Dieu n'existe pas, c'est déjà de la prétention, c'est prétendre connaître son absence.

Le tragique de la destinée humaine ne vient-il pas de ce que l'homme comprend qu'il en connaît assez pour savoir qu'il ne connaît rien de sa destinée, et qu'il n'en connaîtra jamais suffisamment pour savoir s'il y aura autre chose à connaître.

Pendant que l'on cherche à comprendre, le temps passe et la vie avec lui.


On parle du droit à la vie, mais jamais du droit à la non-existence. Est-ce que vous avez décidé de naître ? Non, sans doute, mais ensuite, débrouillez-vous, même si vous naissez au Sahel en période de famine.
Beaucoup d'entre nous mourront ainsi sans jamais être nés à leur humanité, ayant confiné leurs systèmes associatifs à l'innovation marchande, en couvrant de mots la nudité simpliste de leur inconscient dominateur.
[ ]
Henri Laborit

Ce n'est pas l'Utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l'évolution. C'est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance.
[ Eloge de la fuite ]
Henri Laborit

On ne peut être heureux si l'on ne désire rien

En ce qui concerne la douleur, je ne puis me convaincre qu'elle élève, et les hommes que j'ai vus souffrir m'ont toujours paru enfermés dans leur douleur et non point ouverts sur des vues cosmiques. Si la douleur élève, je voudrais savoir vers quoi.
[ Eloge de la fuite ]
Henri Laborit


Il est plus facile de professer en paroles un humanisme de bon aloi, que de rendre service à son voisin de palier.
[ ]
Henri Laborit

Il y a eu plus de crimes perpétrés au nom de l'amour qu'au nom de la haine, qui a pourtant plus mauvaise presse.
[ Dieu ne joue pas aux dés (1987) ]
Henri Laborit


J'espérais que ce que je sais, ou crois savoir de l'homme me permettrait de mieux le situer dans cet univers tout nouveau et qui nous laisse pantelants d'admiration. - ... - Pendant que l'on cherche à comprendre, le temps passe et la vie avec lui.
[ Dieu ne joue pas aux dés, Conclusions ]
Henri Laborit

Je sais bien que certains prétendent que le stalinisme a été prévu. Mais, alors, pourquoi n'a-t-il pas été évité? Le danger de l'histoire, c'est de faire croire après coup à une causalité linéaire qui n'existe jamais.
[ Eloge de la fuite ]
Henri Laborit

L'Homme est un être de désir. Le travail ne peut qu'assouvir des besoins. Rares sont les privilégiés qui réussissent à satisfaire les seconds en répondant au premier. Ceux-là ne travaillent jamais.
[ Eloge de la fuite ]
Henri Laborit


Le racisme est une théorie biologiquement sans fondement au stade où est parvenue l'espèce humaine, mais dont on comprend la généralisation par la nécessité, à tous les niveaux d'organisation, de la défense des structures périmées.
[ Eloge de la fuite ]
Henri Laborit


Mais en vertu de quel principe biologique fondamental, le plus grand nombre serait-il préservé de l'erreur?
[ L'homme imaginant (1970) ]
Henri Laborit

Une action humaine n'est jamais gratuite et quand on croit connaître les mécanismes fondamentaux des comportements humains, on peut toujours déceler un égoïsme biologique et trivial dans toute action en apparence désintéressée.
[ Dieu ne joue pas aux dés, Conclusions ]
Henri Laborit

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Re: Henri Laborit

Message par avec-amour-et-paix le Ven 15 Fév - 22:02

Joël de Rosnay
Directeur de la Prospective et de l'Evaluation
Cité des Sciences et de l'Insdustrie – Paris
Si vous utilisez ce texte, merci de citer la référence d'origine


L'oeuvre d'Henri Laborit marque l'entrée dans le nouveau paradigme des sciences de la complexité. D'un monde fragmenté par l'analyse cartésienne, il nous mène dans celui des interdépendances et de la dynamique des systèmes. De l'analytique au systémique Laborit nous fait parcourir les chemins de la connaissance et de l'action nécessaires pour agir aujourd'hui sur la complexité. Son oeuvre est aussi l'expression d'une nouvelle culture centrée sur la biologie. Les références traditionnelles dans le monde des sciences passaient généralement par la physique. La biologie introduit une culture naturelle des rétroactions et des évolutions. Les savoirs peuvent ainsi s'intégrer en une vision renouvelée de l'homme en relation avec son environnement. Le microscopique et le macroscopique s'interpénètrent. Les disciplines juxtaposées se décloisonnent, se complémentent et s'enrichissent mutuellement.
Au travers de ses livres de synthèse ou de ses essais, Laborit donne l'impression de toucher à tout : biochimie, biologie moléculaire, neurobiologie, hormonologie, écologie, économie, philosophie. Ce qui n'a pas été sans heurter l'approche disciplinaire traditionnelle des universitaires auxquels il s'est souvent confronté. Mais dans la continuité de son message on saisit la force de sa vision : l'intégration des niveaux de complexité, l'interdépendance des structures et des fonctions, la dynamique des interactions. Il ouvre la cellule sur son environnement, retrace le cheminement du flux d'énergie qui, du soleil à l'homme, alimente la vie. Il relie ainsi la photosynthèse, les cycles énergétiques, le métabolisme cellulaire et le comportement en une approche cohérente et féconde.
Les régulations cybernétiques constituent l'autre versant de l'approche d'Henri Laborit. Avec Grey Walters, Ross Ashby, Pierre de Latil, Albert Ducrocq, Couffignal, Sauvan, il participe à l'émergence de la pensée cybernétique et à son application à la biologie. Il retrouve les visions de Claude Bernard sur la "constance du milieu intérieur" ou de Walter Cannon sur l'homéostasie. Machine et organisme loin de s'exclure se fécondent mutuellement. Des mécanismes communs éclairent leur fonctionnement et permettent de prévoir des modes de réactions que l'expérience confirmera. Ainsi de nouvelles molécules agissant comme des régulateurs du métabolisme ou du fonctionnement du cerveau sont identifiées puis synthétisées. La méthode Laborit lui permet de produire des molécules d'intérêt thérapeutique en évitant le screening massif caractéristique de la recherche pharmaceutique moderne.
La relation à l'écosystème constitue le troisième volet de sa démarche. La molécule active, la cellule, le tissus, l'organe, le corps, ne sont jamais séparés de leur environnement immédiat, de leur écosystème microscopique ou macroscopique : ils s'intègrent dans un tout, lui même ouvert sur un environnement plus vaste encore. Cette vision amène Laborit à quitter la biologie, au sens "disciplinaire" du terme pour s'intéresser à l'environnement humain et ses corollaires économiques et politiques. Les critiques se font plus vives encore car le chercheur quitte ici son domaine de compétence pour aborder le secteur des sciences humaines et de la philosophie. Mais son langage ne se veut pas dogmatique, il ne détient pas la vérité : il cherche à éclairer, à relier, à intégrer. Un nouveau pas est franchi : l'application de la cybernétique et de l'approche biologique à une "macrobiologie" constituée par les hommes, leurs machines, leurs organisations et leurs réseaux. Ainsi dans "l'homme et la ville" Laborit intègre et décline sa vision de l'être biologique en relation avec son écosystème urbain. Il montre avant beaucoup d'auteurs les limites du système économique fondé sur la croissance, le gaspillage des ressources naturelles et la création des exclusions. Sa vision prophétique des années 60 a été progressivement confirmée. Les grandes villes sont devenues le point de convergence des principaux problèmes que l'humanité devra aborder au tournant du millénaire. Sa vision systémique a inspiré de nombreux architectes, urbanologues, sociologues concernés par les villes du futur. La référence à la biologie fait maintenant partie du vocabulaire et du mode de pensée des managers. On parle en effet d'entreprise cellulaire, en réseau, ou modulaire ; de flux et de métabolisme, de régulations et de niveaux de complexité.
Henri Laborit nous propose aussi de nouveaux modes de vie en relation avec notre environnement. Inspiré par la vision de McLean sur les "trois cerveaux", les travaux de Hans Selye sur le stress, ou les théories de l'agressivité il part de nos comportements de base pour expliquer certains types d'actions. Fuite, lutte ou inhibition de l'action telles sont les principales réactions d'un être vivant complexe à des formes d'agressions qui perturbent son homéostasie, son équilibre naturel. La fuite ou la lutte peuvent avoir des effets positifs : on change d'environnement ou on élimine la source de l'agression et du stress. En revanche, l'inhibition de l'action peut conduire à des désordres métaboliques, physiologiques et du comportement. Au delà de la vision étroite des perturbations "psychosomatiques" auxquelles on se référait alors, il ouvre la voie de la neuro-psycho-immunologie, une des approches les plus prometteuse du comportement humain en relation avec les mécanismes moléculaires et cellulaires. L'inhibition de l'action peut être le facteur déclenchant de désordres neuro-psycho-immulogiques. La preuve est faite aujourd'hui des interrelations entre macrophages, hormones peptidiques et régulateurs du fonctionnement cérébral. Les trois réseaux qui assurent l'homéostasie du corps (système nerveux, immunitaire et hormonal) convergent et s'interpénètrent. Des molécules ubiquitaires comme l'insuline, la vasopressine, l'oxytocine, ou les cytokines interviennent à plusieurs niveaux de ces réseaux, confirmant l'approche proposée par Laborit dans les années 60.
La fuite serait-elle une solution adaptative aux agressions ? Dans "Eloge de la fuite", Henri Laborit nous montre comment chacun d'entre nous peut rééquilibrer sa vie à partir d'activités simples et motivantes. Hobbies, jardins secrets, violons d'Ingres, occupations complémentaires restructurent l'être, le relient à son environnement familial, professionnel, économique, écologique. La fuite n'est pas dans ce cas abandon, démission, mais potentialisation de ses capacités, recentrage de ses objectifs. Un mode de vie est ainsi proposé qui renforce la liberté et l'autonomie dans l'intégration des diversités. Par la fuite, en alternance avec la lutte, l'homme peut ainsi donner du sens à sa vie. Prendre le recul nécessaire pour mieux affronter les obstacles et adopter une vision globale qui renforce et justifie l'action.
Henri Laborit, homme total et libre dans l'univers fragmenté des disciplines, restera en cette fin du 20 siècle comme un pionnier de la pensée complexe et l'inspirateur d'un nouveau sens de la vie.



Les titres des livres du Professeur Henri LABORIT des ouvrages de philosophie scientifique de grande diffusion.
Physiologie et Biologie du système nerveux végétatif au service de la chirurgie, G.Douin & Cie, 1950.
L’Anesthésie facilitée par les synergie médicamenteuses, Masson &Cie, 1951.
Réaction organique à l’agression et choc, Masson & Cie, 1952, 2e éd., 1954. Résistance et Soumission en physiologie. L’Hibernation artificielle, Coll. "Evolution des sciences", Masson & Cie, 1954.
Pratique de l’hibernothérapie en chirurgie et en médecine, en collaboration avec P.Huguenard, Masson & Cie, 1954.
Excitabilité neuro-musculaire en équilibre ionique, en collaboration avec G. Laborit, Masson & Cie, 1955.
Le Delirium Tremens, en collaboration avec R. Coirault, Masson et Cie, 1956. Bases physio-biologiques et Principes généraux de réanimation, Masson & Cie, 1958.
Les Destins de la vie et de l’homme. Controverses par lettres sur des thèmes biologiques, en collaboration avec P.Morand, Masson & Cie, 1959.
Physiologie humaine, cellulaire et organique, Masson & Cie, 1961.
Du soleil à l’homme, Masson & Cie, 1963.
Les Régulations métaboliques. Aspects théorique, expérimental, pharmacologique et thérapeuthique, Masson et Cie, 1965.
Biologie et structure, Coll." Idées", Gallimard, 1968.
L’homme imaginant. Essai de biologie politique, Union générale d’éditions, Coll. 10-18, 1970.
Neurophysiologie. Aspects métaboliques et pharmacologiques, Masson & Cie, 1969.
Les Comportements, biologie, physiologie, pharmacologie, Masson & Cie, 1973.
Société informationnelle. Idées pour l’autogestion, Coll. "Objectifs", Editions du Cerf, 1973.
L’Agressivité détournée. Introduction à une biologie du comportement social, Union générale d’éditions, Coll 10-18, 1970.
Eloge de la fuite, R.Laffont, 1976.
L’homme et la ville, Flammarion, 1972.
La nouvelle grille, Coll. "Libertés", R. Laffont, 1974.
Discours sans méthode, en collaboration avec F.Jeanson, Stock, 1978.
L’Inhibition de l’action. Biologie, Physiologie, psychologie, sociologie, Masson & Cie, et Presses universitaires de Montréal, 1979, 2e ed.,1986.
Copernic n’y a pas changé grand-chose, R. Laffont, 1980. Editeur de la revue Agressologie chez SPEI et Masson & Cie, Revue internationale de physio-biologie et de pharmacologie appliquée aux effets des agressions (de 1959 à 1983).
En collaboration avec Fabrice Rouleau : L’Alchimie de la découverte, Grasset, 1982.
La Colombe assassinée, Grasset, 1983.
Dieu ne joue pas aux dés, Grasset, 1987.
La Vie antérieure, Grasset, 1989.
Les Récepteurs centraux et la transduction des signaux, Masson & Cie, 1990.
L’Esprit du grenier, Grasset, 1992.



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